09h09 : prendre soin de ce qui compte
Tu viens de voir 09h09 ? Cette heure miroir est associée à Séhéiah, le vingt-huitième des 72 Anges gardiens. Dans une lecture symbolique, elle évoque la prudence, le discernement et l’attention portée à la vie quotidienne.
Qui est Séhéiah ?
Séhéiah appartient au chœur des Dominations. Son attribut traditionnel est « Dieu qui guérit les malades ».
Dans La Science cabalistique, publiée initialement en 1823, Lazare Lenain lui attribue un rôle de protection face à différents dangers, ainsi qu’une influence sur la santé et la longévité. Ces attributions appartiennent aux croyances de son ouvrage.
Il décrit les personnes nées sous son influence comme ayant du jugement et agissant avec prudence. Notre fiche souligne également la prévoyance, le calme et la sérénité.
Comment ces qualités trouvent-elles leur place chez toi ?
- Quelle petite précaution fais-tu presque sans y penser et qui te permet d’être plus tranquille ?
- Dans quelles occasions aimes-tu prévoir un peu de marge pour profiter du moment sans te presser ?
- Avant une décision importante, quels éléments t’aident à te faire une idée plus claire ?
- Dans quelles situations ton calme est-il apprécié par les autres ?
- Quelle habitude quotidienne contribue à ton bien-être et que tu es heureux d’avoir trouvée ?
- Chez une personne plus âgée que toi, quelle façon de profiter de la vie te plaît particulièrement ?
- Quelle activité aimerais-tu pouvoir continuer à pratiquer longtemps, simplement parce qu’elle te fait du bien ?
Le petit message de ton Ange miroir
Peut-être aimerais-tu préparer quelque chose plus sereinement ou retrouver une habitude qui te convient.
Peut-être prends-tu déjà soin de toi et de tes proches à travers des gestes discrets, une façon de réfléchir avant de décider ou le temps que tu sais te laisser.
Qu’est-ce que ces petites attentions te permettent de savourer plus tranquillement ?
À Saint-Omer, un homme installe un paratonnerre pour protéger sa maison. Ses voisins, eux, s’en inquiètent… Comment cette invention s’est-elle retrouvée devant la justice ? Découvre « Séhéiah, ou le paratonnerre qui finit devant les juges ».
09h09 : Séhéiah, ou le paratonnerre qui finit devant les juges
En 1780, à Saint-Omer, dans le nord de la France, un homme fut contraint de démonter un objet qu'il venait d'installer sur son toit.
Cet objet était destiné à protéger sa maison contre la foudre.
C'était un paratonnerre.
Ses voisins en avaient peur. Ils étaient persuadés que cette étrange tige métallique risquait d'attirer les éclairs sur leurs habitations. L'affaire prit une telle ampleur qu'elle se termina devant la justice.
Cette histoire, aussi véritable que surprenante, nous entraîne dans l'univers de Séhéiah, le 28ᵉ des 72 Anges gardiens, associé à l'heure miroir 09h09.
Dans la tradition des régences horaires, Séhéiah veille symboliquement sur la période allant de 9h00 à 9h20. On lui attribue la protection contre les incendies, la foudre, les accidents et les effondrements. Il est également associé à la santé, à la longévité et à une qualité qui mérite toute notre attention : la prévoyance.
Un Ange protecteur des orages, une invention censée détourner leurs dangers et des habitants qui redoutent précisément cette protection…
La rencontre est singulière.
L'homme qui voulait protéger son toit
Charles-Dominique de Vissery de Bois-Valé était un avocat passionné de sciences.
Il vivait à Saint-Omer, rue du Marché-aux-Herbes, et s'intéressait notamment aux découvertes de Benjamin Franklin sur l'électricité atmosphérique.
En mai 1780, il fit installer un paratonnerre sur sa maison.
Le principe était audacieux pour l'époque : offrir à la décharge électrique un chemin conducteur vers la terre afin de limiter les dommages qu'elle pourrait provoquer.
Mais l'installation inquiéta le voisinage.
Une femme et plusieurs habitants adressèrent une plainte aux autorités municipales. Selon eux, cette machine risquait d'attirer le feu du ciel sur la ville.
Le 14 juin, les échevins leur donnèrent raison et ordonnèrent son démontage.
Vissery n'avait pourtant pas l'intention de renoncer.
Pour défendre son installation, il s'appuya notamment sur Antoine-Joseph Buissart, avocat passionné de sciences. Celui-ci consulta des savants et rédigea un mémoire en faveur du paratonnerre.
Trois ans plus tard, un jeune avocat de vingt-cinq ans allait contribuer à son dénouement.
Il s'appelait Maximilien de Robespierre.
Bien avant la Révolution française, celui qui deviendrait une figure majeure de notre histoire plaida devant le Conseil d'Artois pour le droit de Vissery à conserver son paratonnerre.
Le 31 mai 1783, la première condamnation fut annulée.
Vissery avait gagné.
Mais l'histoire n'était pas terminée.
La prudence a parfois deux visages
Dans La Science cabalistique, publiée en 1823, Lazare Lenain présente Séhéiah comme un Ange protecteur contre les accidents, les incendies, les chutes et les maladies.
Il lui attribue également une influence sur la longévité.
Pourtant, un passage moins spectaculaire retient l'attention : les personnes placées sous l'influence de Séhéiah posséderaient du jugement et agiraient avec prudence et circonspection.
Le portrait ne se limite donc pas à une protection venue du ciel.
Il accorde une place à la capacité humaine de prévoir les dangers.
L'histoire de Saint-Omer prend alors une couleur particulière.
Les voisins de Vissery pensaient agir prudemment en exigeant le retrait d'une installation qu'ils jugeaient dangereuse.
Vissery, lui, estimait faire preuve de prévoyance en cherchant à protéger sa maison.
Tous redoutaient la foudre.
Tous voulaient éviter une catastrophe.
Et pourtant, leurs décisions les avaient conduits à s'affronter.
Ce qui rend cet épisode si intéressant, c'est que la peur et la prudence peuvent parfois se ressembler au point de devenir difficiles à distinguer.
Une inquiétude peut nous inviter à examiner un véritable danger. Elle peut aussi nous pousser à refuser ce que nous ne comprenons pas encore.
Les paratonnerres, aujourd'hui bien connus, n'empêchent pas les orages. Ils constituent un moyen de protection dont l'efficacité dépend notamment de la qualité de leur installation.
La peur des habitants de Saint-Omer reposait sur une mauvaise compréhension de leur principe. Mais leur inquiétude rappelle également qu'une invention protectrice ne dispense jamais d'en vérifier la réalisation.
La prudence de Séhéiah, telle que la décrit Lenain, trouve ici une illustration inattendue : elle ne consiste pas seulement à craindre les dangers. Elle demande aussi de savoir les examiner.
Un étrange testament
L'histoire aurait pu s'achever sur la victoire judiciaire de Vissery.
Mais cet homme obstiné nous réservait une dernière surprise.
Le 31 juillet 1783, il réinstalla son paratonnerre. Il avait consacré des années à défendre cette tige métallique et semblait résolu à ne plus la voir disparaître.
Il alla même jusqu'à prévoir, dans son testament, que ses héritiers devraient la conserver et l'entretenir.
S'ils ne respectaient pas cette volonté, ils s'exposeraient à une pénalité au bénéfice de l'hôpital général.
Voilà une étrange manière de préparer sa succession.
Certains lèguent des terres, des meubles ou des bijoux.
Vissery souhaitait aussi léguer un paratonnerre.
Il mourut le 9 juillet 1784.
La maison fut ensuite vendue. Le nouveau propriétaire obtint une expertise défavorable à l'installation, et le paratonnerre fut finalement démonté.
Ce dernier épisode donne à l'histoire une tonalité presque mélancolique.
Séhéiah, l'Ange de la longévité, est traditionnellement associé à l'espérance d'une vie longue et heureuse. Vissery, lui, avait voulu prolonger l'existence d'un objet au-delà de sa propre mort.
Il n'y parvint pas.
Mais son étonnante aventure demeura dans les archives, jusque dans les détails de ce testament qui cherchait à faire survivre une invention à son propriétaire.
On ignore combien d'orages son paratonnerre eut réellement à affronter.
Une chose, en revanche, est certaine : ce n'est pas la foudre qui finit par le faire tomber.