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13h13 : des mots, des images et ce qui te fait du bien

Tu viens de voir 13h13 ? Cette heure miroir est associée à Yéiazel, le quarantième des 72 Anges gardiens. Dans une lecture symbolique, elle évoque le réconfort, la liberté et le plaisir de lire, de créer ou de s’exprimer.

Qui est Yéiazel ?

Yéiazel appartient au chœur des Puissances. Son attribut est « Dieu qui réjouit ».

Dans La Science cabalistique, publiée initialement en 1823, Lazare Lenain lui associe l’imprimerie, la librairie, les écrivains et les artistes. Il décrit les personnes nées sous son influence comme aimant la lecture, le dessin et les sciences.

Sa notice évoque également la consolation et la délivrance des prisonniers, dans le cadre des croyances de son ouvrage. Notre fiche développe les thèmes du réconfort, de la communication, de l’écriture et de la musique.

Qu’est-ce qui trouve un écho dans ta vie ?

  • Quel geste ou quelle parole as-tu déjà eu plaisir à offrir pour réconforter quelqu'un ?
  • Qu’apprécies-tu dans une librairie ou une bibliothèque : découvrir, feuilleter, choisir, te laisser surprendre ?
  • As-tu plaisir à dessiner ou à griffonner, même sans chercher à représenter quelque chose ?
  • Qu’aimes-tu exprimer par écrit : une pensée, une histoire, quelques mots à quelqu’un ?
  • Quelle musique choisis-tu selon ton humeur du moment ?
  • Quel sujet scientifique te donne envie de comprendre comment les choses fonctionnent ?
  • Quel moment récent t’a donné une agréable sensation de liberté ?
  • Qu’est-ce qui t’apporte du réconfort quand tu en ressens le besoin ?

Le petit message de ton Ange miroir

Peut-être qu’un livre t’attend, qu’une envie de créer se précise ou que tu aimerais trouver des mots pour ce que tu ressens.

Peut-être connais-tu déjà ces plaisirs : te laisser emporter par une histoire, remplir une page, écouter un morceau ou découvrir quelque chose qui te passionne.

Parmi ces moments, lesquels as-tu simplement envie de retrouver ?

Quand quelqu’un a de la peine, faut-il forcément lui redonner le sourire ? Découvre « 13h13 : quand réconforter ne veut pas dire faire sourire ».

13h13 : Yéiazel et le psaume qui ne promet pas l’aube

Il existe, dans le Livre des Psaumes, une prière qui ne se termine pas comme nous pourrions l'espérer.

Aucune réponse ne vient apaiser celui qui parle. Aucun événement ne transforme son malheur en délivrance. Et les derniers mots laissent le lecteur devant une image saisissante :

« Ma compagne, c'est la ténèbre. »

C'est pourtant à ce psaume que se trouve associé Yéiazel, le 40ᵉ des 72 Anges gardiens, dont la régence de 13h00 à 13h20 comprend l'heure miroir 13h13.

Son attribut traditionnel signifie « Dieu qui réjouit ».

Voilà une rencontre pour le moins inattendue : un Ange de la joie et de la consolation, associé à l'une des prières les plus sombres de la Bible.

Et ce n'est pas la seule particularité de Yéiazel.

Une prière qui demeure sans réponse

Dans La Science cabalistique, publiée en 1823, Lazare Lenain présente Yéiazel sous le nom d'Ieiazel. Il lui attribue notamment la délivrance des prisonniers, la protection contre les ennemis et la consolation.

Pour son invocation, il recommande le verset 15 du psaume 87, également numéroté 88 dans la tradition hébraïque.

Ce verset contient une interrogation douloureuse :

« Pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ? »

Le texte appartient à une longue plainte.

Celui qui prie se sent abandonné. Ses proches se sont éloignés. Sa souffrance semble avoir envahi toute son existence. Il appelle Dieu, l'interroge, lui reproche presque son silence.

Et, chose remarquable, le psaume ne lui apporte aucune réponse.

Habituellement, nous aimons qu'un récit nous conduise quelque part. Même lorsqu'il commence dans l'adversité, nous espérons voir apparaître un changement : une rencontre, une aide inattendue, un événement qui redonne confiance.

Le psaume ne nous accorde pas ce soulagement.

Il laisse celui qui souffre dans la situation où nous l'avons rencontré.

Pourtant, cette prière a trouvé sa place dans un livre sacré. Elle a été conservée, transmise, récitée pendant des siècles.

On aurait pu imaginer qu'une tradition spirituelle privilégie les paroles de reconnaissance, les manifestations de confiance et les témoignages de délivrance.

Mais cette voix-là aussi a été gardée.

La voix de quelqu'un qui continue de prier alors même qu'il ne comprend plus ce qui lui arrive.

Peut-être est-ce ce qui rend le rapprochement avec Yéiazel si troublant.

La consolation promise par une tradition n'est pas toujours celle que raconte le texte auquel elle se réfère.

Et cette différence mérite de rester ouverte.

Yéiazel, l'Ange des livres et des écrivains

Une autre attribution de Yéiazel apporte à cette découverte un éclairage singulier.

Lenain le présente comme un génie ayant autorité sur l'imprimerie et la librairie, et exerçant une influence sur les écrivains et les artistes.

Cette association apparaît également sur notre fiche de Yéiazel, Ange gardien n° 40, où il appartient au chœur des Puissances.

Imaginons un instant tout ce que les livres ont pu accueillir au fil des siècles.

Des récits d'aventures et de découvertes. Des poèmes d'amour. Des chants de victoire. Des textes religieux, des réflexions philosophiques et des œuvres destinées à célébrer la beauté du monde.

Mais aussi des lettres d'adieu, des témoignages de solitude, des journaux écrits pendant des guerres et des poèmes nés du désespoir.

Le monde des livres n'est pas uniquement peuplé de personnages heureux.

Il conserve aussi les paroles de ceux qui ne l'ont pas été.

Un écrivain peut consacrer des pages entières à une peine qu'il n'a jamais réussi à surmonter. Un poète peut laisser derrière lui quelques vers qui n'offrent aucune solution. Un musicien peut composer une œuvre où demeure, jusqu'à la dernière note, une profonde mélancolie.

Ces créations ne sont pas nécessairement des appels à la tristesse.

Elles témoignent simplement de ce qu'un être humain a éprouvé et tenté d'exprimer.

Et parfois, des années ou des siècles plus tard, quelqu'un découvre ces mots et reconnaît quelque chose de sa propre expérience.

L'auteur ne le connaît pas. Il n'a jamais imaginé son visage, son époque, les circonstances de sa vie.

Pourtant, une rencontre a lieu.

Voilà une dimension particulièrement touchante de l'univers de Yéiazel : cet Ange traditionnellement associé à la joie veille aussi, dans les correspondances rapportées par Lenain, sur les métiers qui permettent aux paroles humaines de traverser le temps.

Les livres n'ont pas besoin de raconter uniquement de belles histoires pour mériter d'être conservés.

Le psaume associé à Yéiazel en est une illustration étonnante.

Il n'explique pas comment sortir de la détresse.

Il permet à cette détresse d'être entendue.

Les paroles que nous n'osons pas toujours accueillir

Nous connaissons peut-être cette situation.

Une personne nous confie qu'elle traverse une période difficile. Nous l'écoutons quelques instants, puis les mots viennent presque spontanément :

« Tu verras, ça va s'arranger. »

« Essaie de penser à autre chose. »

« Il faut garder le moral. »

Nous souhaitons sincèrement lui apporter un peu de réconfort.

Mais nous ne savons pas toujours quoi faire de sa tristesse lorsqu'elle persiste.

Alors nous cherchons une perspective rassurante, une manière d'alléger la conversation, quelque chose qui ressemble à une issue.

Il est évidemment des moments où ces paroles peuvent aider.

Et d'autres où la personne aurait simplement souhaité pouvoir terminer ce qu'elle avait commencé à raconter.

Le psaume de Yéiazel nous place devant cette seconde possibilité.

Celui qui parle n'a pas encore retrouvé la paix. Ses interrogations demeurent entières. Sa souffrance n'est pas devenue plus acceptable parce qu'il a réussi à la formuler.

Pourtant, dans le texte qui nous est parvenu, aucune dernière strophe ne transforme sa plainte en témoignage de bonheur.

La tradition a transmis le texte avec son obscurité.

Cette liberté laissée à la parole possède quelque chose de précieux.

Elle ne nous oblige pas à considérer toute douleur comme une étape nécessaire vers un bonheur futur. Elle n'exige pas non plus que chaque histoire douloureuse comporte une leçon.

Certaines expériences demandent du temps. D'autres laissent des traces durables.

Et quelques-unes ne trouveront peut-être jamais les mots capables de les expliquer entièrement.

Cela n'empêche pas de les écouter.

C'est ici que la figure de Yéiazel retrouve sa profondeur.

L'Ange dont le nom évoque la joie n'est pas uniquement associé, dans la tradition rapportée par Lenain, à la consolation. Il l'est également aux livres, à l'écriture, à l'expression artistique.

Des univers où l'on peut accueillir toutes les nuances de l'existence, y compris celles qui résistent aux explications et aux fins heureuses.

Peut-être trouverons-nous parfois dans ces œuvres la joie qui nous manque.

Peut-être y rencontrerons-nous simplement une parole qui nous touche.

Et parfois, cela suffira pour avoir envie de tourner une page supplémentaire.

Le vieux psaume, lui, s'arrête toujours au même endroit.

Depuis des siècles, ses derniers mots n'ont pas changé.

La nuit n'y est pas dissipée.

Et quelque part, dans une bibliothèque, cette prière continue d'attendre ceux qui ouvriront le livre.

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