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18h18 : de la clarté dans l’esprit, de la bonté dans les gestes

Tu viens de voir 18h18 ? Cette heure miroir est associée à Mébahiah, le cinquante-cinquième des 72 Anges gardiens. Dans une lecture symbolique, elle évoque la lucidité, la bienveillance, la force morale et la spiritualité.

Qui est Mébahiah ?

Mébahiah appartient au chœur des Principautés. Son attribut est « Dieu éternel ».

Dans La Science cabalistique, publiée initialement en 1823, Lazare Lenain le présente comme un génie invoqué pour trouver de la consolation. Il lui associe la morale et la religion, et décrit les personnes nées sous son influence comme se distinguant par leurs bienfaits, leur piété et leur dévouement envers Dieu et les hommes.

Notre fiche souligne également le discernement, la tendresse, la compassion et la justesse des paroles. Ces qualités peuvent s’exprimer dans une réflexion personnelle comme dans un geste très simple envers quelqu’un.

Où reconnais-tu ces qualités dans ta vie ?

  • Quand tu veux partager une idée qui te tient à cœur, qu'est-ce qui t'aide à trouver les mots justes ?
  • Quand une situation paraît confuse, qu’est-ce qui t’aide à distinguer l’essentiel ?
  • Lorsqu’un proche traverse un moment difficile, quelle forme d’aide te vient naturellement ?
  • Comment aimes-tu témoigner ta tendresse aux personnes qui comptent pour toi ?
  • Si des enfants font partie de ton entourage, quels moments aimes-tu partager avec eux ?
  • Quelle place la prière, la méditation ou la réflexion spirituelle occupent-elles dans ta vie ?
  • Quelle parole reçue t’a fait du bien et que tu gardes encore avec toi ?
  • Quel choix t’a permis de rester fidèle à tes convictions, même lorsque ce n’était pas facile ?

Le petit message de ton Ange miroir

Peut-être aimerais-tu éclaircir une situation, approfondir une question spirituelle ou trouver une manière d’être utile à quelqu’un.

Peut-être reconnais-tu déjà cette attention dans ta vie : tu réfléchis avant de décider, tu sais apporter de la douceur, tu agis selon ce qui compte pour toi.

Quel geste récent te donne la satisfaction d’avoir fait quelque chose de juste et de bon à tes yeux ?

Un vieux charron interrompt un duc plongé dans sa lecture. Qu’a-t-il donc à lui dire ? Découvre « 18h18 : ce que les mots ne suffisent pas à transmettre ».

18h18 : Mébahiah, une pièce d'argent pour retrouver Oliver

Sur une ancienne pièce d'argent, le visage du roi a disparu.

Les deux faces ont été soigneusement polies, puis gravées de nouvelles inscriptions.

D'un côté, quatre initiales : R. L. et E. D.

De l'autre, trois mots anglais :

« Innocency in Safety ».

L'innocence en sécurité.

Cette pièce a été préparée en 1758, à Londres. Elle accompagnait un petit garçon confié à un établissement destiné aux enfants abandonnés.

Son nom était Oliver Luke.

Les personnes qui avaient laissé cette pièce espéraient peut-être, un jour, pouvoir le retrouver.

Près de trois siècles plus tard, elle est toujours conservée au Foundling Museum de Londres.

Son histoire nous entraîne vers une question délicate : que devient la bonté lorsqu'elle rencontre les règles morales d'une société ?

Une interrogation qui trouve une résonance particulière dans l'univers de Mébahiah, le 55ᵉ des 72 Anges gardiens, associé à l'heure miroir 18h18, pendant sa régence de 18h00 à 18h20.

L'enfant aux deux noms

Au XVIIIᵉ siècle, Londres compte de nombreuses familles vivant dans une grande précarité.

Pour les femmes qui donnent naissance à un enfant hors mariage, les difficultés peuvent être particulièrement lourdes.

La société condamne sévèrement ces naissances. Une mère célibataire risque de perdre son emploi, sa réputation et parfois le soutien de ses proches.

Quant aux enfants, ils subissent souvent les conséquences de circonstances qu'ils n'ont évidemment pas choisies.

Thomas Coram, un ancien capitaine de navire devenu philanthrope, s'est longuement battu pour leur venir en aide.

Après dix-sept années de démarches, il obtient en 1739 l'autorisation royale de créer un établissement destiné à accueillir les enfants abandonnés.

Le Foundling Hospital reçoit ses premiers pensionnaires en 1741.

Son fonctionnement possède une particularité.

Les enfants admis reçoivent un nouveau nom.

Cette pratique doit notamment préserver l'anonymat de leurs parents et leur permettre de commencer une nouvelle existence sans porter publiquement les circonstances de leur naissance.

Mais elle présente aussi une difficulté évidente.

Si une famille souhaite retrouver son enfant, comment pourra-t-elle prouver qu'il s'agit bien du sien ?

L'établissement prévoit alors un système de reconnaissance.

Au moment de l'admission, les parents peuvent laisser un petit objet : un bouton, un morceau de tissu, un ruban, une médaille ou une pièce de monnaie.

Cet objet est soigneusement conservé avec le dossier de l'enfant.

Il ne lui est pas remis.

Il attend, dans les archives de l'établissement, le jour où quelqu'un viendra peut-être le réclamer.

En 1758, Oliver Luke entre au Foundling Hospital.

Il reçoit un nouveau nom : Luke Perkins.

Dans son dossier sont conservés une pièce d'argent gravée, un billet qui la décrit et un morceau de ruban jaune.

La pièce porte les initiales de ses parents, Richard Luke et Elizabeth Dixey.

Ils ne sont pas mariés.

Le couple a eu trois enfants, mais Oliver est le seul à avoir survécu à la petite enfance.

Les archives révèlent également une circonstance douloureuse : Richard et Elizabeth ont tous deux été excommuniés après la naissance de leur premier enfant, né hors mariage.

Nous ignorons précisément les raisons qui les ont conduits à confier Oliver à l'établissement.

Mais nous savons ce qu'ils ont laissé avec lui.

Une pièce d'argent portant leurs initiales.

Et quelques mots souhaitant que l'innocence demeure en sécurité.

Mébahiah, entre morale et consolation

Dans La Science cabalistique, publiée en 1823, Lazare Lenain présente Mébahiah sous l'attribut « Dieu éternel ».

Cet Ange appartient au chœur des Principautés dans la classification utilisée sur notre site.

Lenain lui reconnaît une influence sur la morale et la religion. Il évoque la piété, la fidélité aux devoirs envers Dieu et envers les hommes, ainsi que les bienfaits accomplis pour autrui.

Il lui attribue également une qualité plus intime : Mébahiah serait favorable à la consolation et aux personnes qui désirent avoir des enfants.

Sur notre fiche de Mébahiah, Ange gardien n° 55, nous retrouvons notamment la bienveillance, la compassion, le discernement et la force morale.

L'histoire d'Oliver donne à ces mots une profondeur inattendue.

Au XVIIIᵉ siècle, la morale religieuse pouvait conduire à exclure des parents de leur communauté en raison d'une naissance hors mariage.

Dans le même temps, des hommes et des femmes, parfois animés eux aussi par leurs convictions religieuses, consacraient leurs efforts à protéger les enfants que la société risquait de laisser sans secours.

Ces attitudes appartenaient au même monde.

Elles pouvaient même coexister dans les mêmes institutions et les mêmes consciences.

Le Foundling Hospital lui-même n'était pas exempt de contradictions. Son accueil était limité, ses règles parfois sévères, et la séparation entre les enfants et leurs familles pouvait devenir définitive.

Pourtant, son existence ouvrait une possibilité qui n'était pas offerte auparavant à beaucoup de ces enfants.

Cette histoire nous éloigne d'une représentation trop simple de la bonté.

Il ne suffit pas de posséder des convictions morales pour savoir comment agir avec humanité.

Et les personnes qui cherchent sincèrement à faire le bien peuvent elles-mêmes se tromper dans la manière dont elles l'accomplissent.

Mébahiah, dans la tradition rapportée par Lenain, ne se limite pas à la défense des croyances. Il est également associé aux bienfaits et aux devoirs envers les êtres humains.

C'est cette rencontre entre les principes et leurs conséquences qui donne à sa figure une dimension particulièrement sensible.

À Londres, au milieu du XVIIIᵉ siècle, elle prenait parfois la forme d'une question très concrète.

Que fallait-il faire pour cet enfant, maintenant qu'il était là ?

Cinq années plus tard

En 1763, un homme se présente au Foundling Hospital.

Il s'appelle Richard Luke.

Il vient réclamer son fils.

Cinq années se sont écoulées depuis l'admission d'Oliver.

Pour établir son identité, Richard apporte une pièce correspondant à celle qui avait été laissée avec l'enfant.

Il possède également un morceau du même ruban jaune et une copie du billet qui accompagnait le premier dépôt.

Les éléments concordent.

L'établissement reconnaît sa demande.

Oliver est rendu à son père.

Les archives ne nous racontent pas leurs retrouvailles.

Nous ne savons pas quels mots ils ont échangés, ni comment le petit garçon a vécu ce retour auprès d'un homme dont il avait été séparé pendant plusieurs années.

Nous ne connaissons pas davantage la suite de leur existence.

Mais nous savons que le système imaginé pour préserver une possibilité de reconnaissance a, cette fois, rempli sa fonction.

Parmi les milliers d'objets confiés au Foundling Hospital, beaucoup n'ont jamais été réclamés.

D'autres ont perdu, avec le temps, leur lien avec les enfants auxquels ils appartenaient.

La pièce d'Oliver est l'une de celles dont les historiens ont pu retrouver l'histoire.

C'est un ancien shilling frappé sous le règne de Charles II.

Il mesure vingt-six millimètres de diamètre.

La valeur monétaire qu'il possédait autrefois importe désormais bien moins que les inscriptions gravées sur ses faces.

Quelques lettres.

Une devise.

Et la trace d'un lien que cinq années de séparation n'avaient pas entièrement effacé.

Le musée conserve aujourd'hui cette petite pièce d'argent.

Le portrait du roi, disparu sous le travail du graveur, n'y est plus visible.

À sa place demeurent les initiales de Richard Luke et d'Elizabeth Dixey.

Deux noms gravés pour que celui de leur enfant puisse, un jour, être retrouvé.

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