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20h20 : les affinités qui rendent la vie plus riche

Tu viens de voir 20h20 ? Dans notre lecture des heures miroirs, cette heure est associée à Umabel, le soixante et unième des 72 Anges gardiens. Elle peut évoquer l’amitié, la curiosité, la connaissance de soi et le plaisir de partager ce qui nous passionne.

Qui est Umabel ?

Umabel appartient au chœur des Archanges. Son attribut est « Dieu au-dessus de toutes choses ».

Dans La Science cabalistique, publiée initialement en 1823, Lazare Lenain lui associe l’amitié, l’astronomie et la physique. Il décrit les personnes nées sous son influence comme sensibles, aimant les voyages et les plaisirs de la vie.

Notre fiche développe également les affinités, la compréhension de ses motivations, la capacité d’enseigner, l’amour de la nature et de la musique. Ces pistes peuvent rencontrer des relations et des goûts déjà bien présents chez toi.

Qu’est-ce qui te parle aujourd’hui ?

  • Avec qui apprécies-tu de passer du temps, même lorsque vous n'avez rien de particulier à faire ?
  • Quelle passion ou quel centre d’intérêt t’a permis de rencontrer des personnes avec qui tu te sens bien ?
  • Quel phénomène aimerais-tu mieux comprendre : une éclipse, un arc-en-ciel, le mouvement des planètes ?
  • Dans la nature, quel animal, quelle plante ou quelle pierre as-tu appris à reconnaître avec plaisir ?
  • Quelle connaissance aimes-tu expliquer ou faire découvrir à quelqu’un ?
  • Dans ce que tu fais chaque jour, qu’est-ce qui correspond vraiment à tes envies ?
  • Quel lieu aimerais-tu découvrir, ou retrouver parce que tu t’y es senti bien ?
  • Quel plaisir simple aimes-tu partager avec tes proches ?
  • Quelle musique vous donne envie de chanter, de danser ou simplement d’écouter ensemble ?

Le petit message de ton Ange miroir

Peut-être qu’une rencontre, une curiosité ou une envie de voyage attend son occasion.

Peut-être profites-tu déjà de ces liens et de ces découvertes : tu entretiens tes amitiés, tu partages volontiers ce que tu sais, tu connais les petits plaisirs qui te conviennent.

En pensant à tout cela, qu’es-tu particulièrement heureux de retrouver dans ta vie aujourd’hui ?

Quel lien peut réunir Edmond Halley, Isaac Newton et un étrange paiement en poissons ? Découvre « Umabel, l’astronome qui fut payé en poissons ».

20h20 : Umabel, l'astronome qui fut payé en poissons

En juillet 1687, l'astronome anglais Edmond Halley reçoit une rémunération pour le moins insolite.

Soixante-dix exemplaires d'un livre consacré aux poissons.

L'ouvrage, richement illustré, présente les connaissances de l'époque sur les espèces aquatiques. Il représente un travail scientifique considérable, mais son édition a coûté si cher que la société savante qui l'a financé se retrouve presque sans argent.

L'affaire pourrait simplement prêter à sourire.

Sauf qu'à cette même époque, Halley vient de contribuer à la publication d'un autre livre, destiné à bouleverser notre compréhension de l'Univers.

Un ouvrage dans lequel Isaac Newton expose les lois du mouvement et de la gravitation.

Sans l'intervention de Halley, sa publication aurait probablement été retardée, peut-être profondément compromise.

Cette histoire d'amitié scientifique nous conduit vers Umabel, le 61ᵉ des 72 Anges gardiens, dont la tradition associe trois domaines assez inhabituels : l'amitié, l'astronomie et la physique.

Trois univers qui, cette fois, vont se rencontrer autour d'un livre, de quelques équations et d'une étonnante histoire de poissons.

Une question posée à Cambridge

En 1684, Edmond Halley se rend à Cambridge pour rencontrer Isaac Newton.

Il est alors un jeune astronome reconnu pour ses travaux. Newton, de son côté, possède déjà une réputation remarquable parmi les savants, mais une grande partie de ses recherches demeure encore inconnue du public.

Halley vient lui poser une question précise.

Depuis les travaux de Johannes Kepler, les astronomes savent que les planètes décrivent des orbites elliptiques autour du Soleil.

Mais pourquoi suivent-elles ces trajectoires ?

Une hypothèse circule parmi plusieurs savants anglais : la force qui attire les planètes vers le Soleil pourrait diminuer selon le carré de leur distance.

Autrement dit, lorsque la distance double, l'intensité de cette force serait divisée par quatre.

Robert Hooke et Christopher Wren ont notamment discuté de cette possibilité avec Halley.

Reste une difficulté considérable : comment démontrer mathématiquement qu'une telle force peut produire les mouvements observés ?

Newton affirme avoir déjà travaillé sur le problème et trouvé une solution.

Halley lui demande de la communiquer.

Quelques mois plus tard, Newton lui fait parvenir un court traité intitulé De motu corporum in gyrum, consacré au mouvement des corps en orbite.

Le document est suffisamment prometteur pour que Halley encourage son auteur à poursuivre ses recherches.

Newton reprend alors ses calculs, approfondit ses raisonnements et développe progressivement ce qui deviendra l'une des grandes œuvres de l'histoire des sciences.

Mais entre découvrir une idée et la faire connaître au monde, il reste parfois un long chemin.

Umabel, l'amitié et les sciences du ciel

Dans La Science cabalistique, publiée en 1823, Lazare Lenain présente Umabel sous l'attribut « Dieu au-dessus de toutes choses ».

Le 61ᵉ Ange appartient au chœur des Archanges dans le système utilisé sur notre site.

Lenain lui attribue une qualité particulière : il serait favorable à ceux qui cherchent à obtenir l'amitié d'une personne.

Puis, immédiatement après cette mention, il ajoute qu'Umabel domine sur l'astronomie et la physique, et qu'il exerce son influence sur les personnes qui se distinguent dans ces sciences.

Notre fiche d'Umabel, Ange gardien n° 61 développe également les notions d'affinité, de relations humaines, de connaissance et d'analogie entre l'Univers et le monde terrestre.

Ce rapprochement entre les relations humaines et l'étude des astres possède quelque chose d'inattendu.

L'astronomie nous évoque volontiers l'image d'un savant solitaire, penché sur ses calculs ou observant le ciel à travers une lunette.

Pourtant, les grandes découvertes scientifiques naissent rarement dans un isolement absolu.

Il faut des observations effectuées par d'autres, des correspondances, des discussions, parfois des désaccords qui obligent à revoir un raisonnement.

Et il faut aussi, de temps à autre, quelqu'un qui reconnaisse l'importance d'un travail avant même que le reste du monde ne lui accorde son attention.

C'est précisément le rôle qu'Edmond Halley va jouer auprès de Newton.

Le livre que les poissons faillirent empêcher

En 1686, Newton achève une partie importante de son grand ouvrage, les Philosophiæ Naturalis Principia Mathematica, plus simplement appelés les Principia.

La Royal Society, prestigieuse société savante londonienne, envisage d'en assurer la publication.

Mais ses finances sont dans un état préoccupant.

Elle vient de consacrer des sommes considérables à l'impression d'un livre d'histoire naturelle, De Historia Piscium, fondé sur les recherches de Francis Willughby et achevé par le naturaliste John Ray.

L'ouvrage comporte de magnifiques gravures de poissons.

Les illustrations sont coûteuses à produire. La réalisation du livre a mobilisé des moyens importants.

Et, contrairement aux espérances de ses promoteurs, les ventes ne permettent pas de rentrer rapidement dans les frais.

La Royal Society ne dispose plus des ressources nécessaires pour financer l'édition des Principia comme elle l'avait prévu.

C'est alors qu'Edmond Halley intervient.

Convaincu de l'importance des travaux de Newton, il prend en charge la préparation de l'ouvrage et contribue personnellement au financement de son impression.

Il ne s'agit pas simplement d'apporter de l'argent.

Halley doit également suivre les manuscrits, les épreuves, les corrections et les échanges avec l'auteur.

Et Newton n'est pas toujours un correspondant facile.

Une querelle éclate notamment autour des revendications de Robert Hooke, qui estime avoir contribué à l'élaboration de certaines idées sur l'attraction des corps.

Newton supporte difficilement cette contestation.

À un moment, il envisage de renoncer à publier une partie de son travail.

Halley entreprend de l'apaiser.

Il lui écrit, argumente et cherche à préserver une publication dont il mesure l'importance.

Dans une lettre conservée par la Royal Society, Newton le remercie d'ailleurs d'avoir relancé l'impression malgré toutes ses autres responsabilités.

La formule qui termine cette correspondance mérite d'être relevée.

Newton signe :

« Votre affectueux ami et humble serviteur. »

Une formule de politesse propre à son époque, certes, mais qui accompagne ici une reconnaissance très concrète.

Halley n'a pas découvert à la place de Newton.

Il ne lui a pas fourni les lois de la gravitation.

Mais il a posé une question décisive, encouragé leur développement, puis contribué à faire en sorte que le monde puisse en prendre connaissance.

En juillet 1687, les Principia paraissent enfin.

Le livre offre une nouvelle compréhension du mouvement des corps, sur Terre comme dans le ciel.

Des phénomènes qui semblaient appartenir à des mondes différents peuvent désormais être étudiés à partir de principes physiques communs.

La chute d'un objet, le mouvement de la Lune et celui des planètes trouvent une place dans une même construction mathématique.

Soixante-dix livres sur les poissons

Reste l'étrange rémunération reçue par Halley.

La Royal Society, toujours embarrassée financièrement, ne parvient pas à lui verser normalement son traitement de secrétaire adjoint.

En juillet 1687, il accepte soixante-dix exemplaires de De Historia Piscium en règlement d'une partie de ce qui lui est dû.

Le livre qui avait absorbé les ressources de l'institution sert maintenant à rémunérer celui qui a contribué à sauver la publication des Principia.

L'histoire ne manque pas d'ironie.

D'autant que ces ouvrages ne sont pas de simples recueils de curiosités. Les études de Willughby et de Ray constituent alors un travail important pour la connaissance et la classification des poissons.

Mais le marché des livres scientifiques est étroit, et les ambitions éditoriales de la Royal Society ont dépassé ses moyens.

Edmond Halley se retrouve ainsi avec une collection d'ouvrages dont la valeur intellectuelle est réelle, mais dont la vente s'annonce difficile.

Ce curieux épisode aurait pu demeurer une simple anecdote de l'histoire de l'édition.

Il prend une autre dimension lorsqu'on le rapproche des qualités d'Umabel.

Dans la tradition de Lenain, cet Ange est associé à l'amitié, mais aussi aux sciences qui permettent d'explorer le ciel et les lois de la nature.

La relation entre Halley et Newton montre combien ces deux univers peuvent se rejoindre.

L'un possédait des connaissances mathématiques extraordinaires.

L'autre avait su reconnaître leur importance, poser les bonnes questions et contribuer à leur diffusion.

Leurs échanges n'étaient pas exempts de difficultés, mais ils avaient permis à une œuvre majeure de voir le jour.

Et cette histoire possède une dernière particularité.

En juillet 1687, tandis qu'il acceptait ses soixante-dix volumes sur les poissons, Halley envoyait à Newton vingt exemplaires fraîchement imprimés des Principia.

Ils étaient destinés aux amis et connaissances du savant à Cambridge.

Ainsi, au moment où Halley recevait des livres dont il ne savait peut-être pas très bien que faire, il en expédiait d'autres qui allaient trouver leur place parmi les grandes œuvres de l'histoire des sciences.

Les archives ont conservé la trace de ces échanges.

Et quelque part, entre les gravures de poissons et les trajectoires des planètes, demeure le souvenir d'un homme qui avait compris qu'une découverte pouvait mériter bien davantage que l'admiration : elle pouvait mériter qu'on l'aide à rencontrer ses lecteurs.

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