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22h22 : les plaisirs de la terre et la générosité du quotidien

Tu viens de voir 22h22 ? Cette heure miroir est associée à Habuhiah, le soixante-huitième des 72 Anges gardiens. Dans une lecture symbolique, elle évoque la santé, la fécondité, l’amour de la nature et le plaisir de donner.

Qui est Habuhiah ?

Habuhiah appartient au chœur des Anges. Son attribut est « Dieu qui donne avec libéralité », autrement dit avec générosité.

Dans La Science cabalistique, publiée initialement en 1823, Lazare Lenain le présente comme un génie invoqué pour préserver la santé et guérir les maladies, dans le cadre des croyances de son ouvrage. Il lui associe l’agriculture et la fécondité.

Il décrit les personnes nées sous son influence comme aimant la campagne, les jardins et les activités agricoles. Notre fiche souligne également la bienveillance, la sensibilité aux autres, l’optimisme et le respect de la nature.

Qu’est-ce que cela évoque pour toi ?

  • Quel paysage de campagne ou de montagne te donne envie de t’arrêter pour en profiter ?
  • Si tu cultives quelque chose, quelle plante as-tu particulièrement plaisir à voir pousser ?
  • Quel fruit ou légume attends-tu chaque année pour le plaisir de le retrouver ?
  • Dans le travail des personnes qui cultivent la terre, qu’apprécies-tu particulièrement ?
  • Quelle habitude te fait du bien et que tu es heureux d’avoir intégrée à tes journées ?
  • Qu’aimes-tu offrir ou partager : un repas, quelques fleurs, une récolte, du temps ?
  • À quoi reconnais-tu qu’un proche a besoin d’une attention particulière ?
  • Quel petit bonheur sais-tu faire remarquer aux personnes qui t’entourent ?

Le petit message de ton Ange miroir

Peut-être aimerais-tu retrouver un plaisir en plein air, prendre davantage soin de toi ou offrir quelque chose à quelqu’un.

Peut-être ces richesses font-elles déjà partie de ta vie : tu apprécies les saisons, tu prends soin de quelques plantes, tu connais les gestes qui te conviennent et tu partages volontiers.

Quel plaisir simple as-tu envie de savourer aujourd’hui ?

Les dernières récoltes sont terminées. Le jardin a-t-il vraiment cessé de travailler ? Découvre « 22h22 : ce qui grandit quand nous cessons de tout contrôler ».

22h22 — Habuhiah, la récolte à trois millimètres

Dans les traditions associées à l'heure miroir 22h22, Habuhiah veille symboliquement sur la santé, la fécondité et les récoltes.

Mais un détail de son portrait ancien mérite notre attention.

En 1823, Lazare Lenain attribue à son influence contraire les insectes qui ravagent les cultures.

Et voici qu'à la fin du XIXe siècle, en Californie, des vergers entiers ont failli disparaître à cause d'un insecte.

Ils allaient être sauvés par un autre.

Les orangers sous la neige blanche

Dans les années 1880, les producteurs d'agrumes de Californie affrontent un fléau qui menace leur activité.

Sur les branches et les feuilles des orangers apparaissent d'étranges amas blancs, semblables à de petits morceaux de coton.

Ce sont des cochenilles australiennes, Icerya purchasi, qui se multiplient à une vitesse inquiétante.

Elles se nourrissent de la sève des arbres, affaiblissent les branches et favorisent l'apparition de dépôts noirâtres sur les feuilles.

Les récoltes diminuent. Certains arbres dépérissent.

Les cultivateurs essaient de nombreux traitements. Ils lavent les branches, pulvérisent différentes préparations, expérimentent des procédés de fumigation. Certains finissent par arracher et brûler leurs orangers.

Rien ne semble pouvoir arrêter durablement l'invasion.

Pourtant, de l'autre côté du Pacifique, en Australie, cette même cochenille possède des ennemis naturels.

Un entomologiste américain, Charles Valentine Riley, décide d'explorer cette piste. En 1888, il envoie Albert Koebele en Australie pour rechercher les insectes capables de limiter le ravageur.

Koebele découvre notamment une minuscule coccinelle.

Elle mesure environ trois millimètres. Son corps arrondi porte des taches rouges et noires.

On l'appelle vedalia.

Et elle possède un appétit remarquable pour les cochenilles.

Une armée qu'on pourrait tenir dans la main

Les premières vedalias arrivent en Californie à la fin de l'année 1888.

Elles sont élevées et multipliées avant d'être distribuées dans les vergers infestés.

Le résultat dépasse rapidement les espérances.

Les coccinelles adultes dévorent les cochenilles. Leurs larves s'attaquent également aux ravageurs et à leurs œufs.

En quelques mois, les populations de cochenilles s'effondrent dans les secteurs où les vedalias ont été introduites.

À l'automne 1889, leur efficacité est devenue manifeste.

Une industrie agricole qui paraissait menacée d'effondrement retrouve la possibilité de prospérer.

Cette réussite deviendra l'un des épisodes fondateurs de la lutte biologique moderne : utiliser les ennemis naturels d'un ravageur pour en limiter les populations.

Il est difficile de ne pas sourire devant le contraste.

Les cultivateurs avaient essayé des mélanges chimiques, des machines, des procédés coûteux et parfois désespérés.

Et voici que quelques insectes minuscules, venus d'Australie, accomplissaient ce que tant d'efforts n'avaient pas permis d'obtenir.

La nature possédait une réponse que les hommes avaient dû apprendre à reconnaître.

Habuhiah, l'Ange des jardins et de la fécondité

Dans la tradition des 72 Anges gardiens, Habuhiah est le soixante-huitième Ange, appartenant au neuvième chœur, celui des Anges.

Sa régence horaire s'étend de 22h20 à 22h40.

Son attribut, Dieu qui donne avec libéralité, évoque une générosité qui ne se mesure pas seulement à ce que l'on possède, mais aussi à ce que la vie peut produire.

Lenain lui attribue la conservation de la santé, la guérison des maladies, l'agriculture et la fécondité.

À l'inverse, son génie contraire représente la stérilité, la famine, les épidémies et les insectes destructeurs des récoltes.

Ce portrait appartient à une vision spirituelle ancienne, dans laquelle la fertilité de la terre et la santé des êtres humains participent d'un même idéal d'abondance.

Les interprétations contemporaines d'Habuhiah prolongent ces qualités par l'amour de la nature, la générosité, l'entraide et le respect du vivant.

L'histoire des vergers californiens fait apparaître une dimension inattendue de cet univers symbolique.

Tous les insectes n'étaient pas les ennemis des arbres.

Certains participaient à leur protection.

Il avait fallu apprendre à distinguer les uns des autres.

Le retour des cochenilles

L'histoire aurait pu s'arrêter sur cette victoire.

Mais elle possède une suite intéressante.

Au cours du XXe siècle, certains traitements insecticides utilisés dans les vergers détruisent également les vedalias.

Privées de leurs prédateurs, les cochenilles retrouvent alors des conditions favorables à leur multiplication.

Les entomologistes observent ce phénomène à plusieurs reprises.

Aujourd'hui encore, les spécialistes de la protection des cultures recommandent de surveiller la présence de ces insectes auxiliaires et de tenir compte de leur rôle avant d'envisager certains traitements.

Ce que les cultivateurs avaient découvert à la fin du XIXe siècle reste donc une préoccupation actuelle.

La santé d'un verger dépend de relations parfois invisibles au premier regard, entre les plantes, les insectes qui s'en nourrissent et ceux qui les empêchent de proliférer.

Sous les feuilles des agrumes, les vedalias poursuivent leur existence discrète.

La femelle dépose ses petits œufs rouges près des poches cotonneuses des cochenilles.

Quelques jours plus tard, de nouvelles larves en sortent.

Elles sont minuscules.

Et les orangers continuent de porter leurs fruits.

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